Témoignages

Le Télétact m’a permis davantage d’autonomie, m’évite bosses et mauvais coups.

A l’heure où je pars au travail, il y a un grand nombre de camions de livraisons, la canne passe sous leur porte ouverte ou leur plateau de déchargement, pas moi. Ces accidents fréquents, plusieurs fois par semaine, ne se produisent plus depuis que je maîtrise le Télétact. Je perçois maintenant ces dangers à distance.

Dans le souterrain de la gare Saint Lazare, par exemple, je ne pouvais auparavant trouver seule le bon quai. Actuellement je vois les renfoncements des murs, les murs droits, ceux qui partent en biais, je sais que ma sortie est par exemple après le mur en diagonale, je saurais dessiner le souterrain. Avant je n’avais aucune idée de sa structure. N’ayant eu que peu de vision dans le passé, je n’avais pas de notion de distances, je les aies acquises par l’appareil.

Sur l’Arche de la Défense les repères au sol étaient très durs à gérer, tourner après la quinzième boule au sol, il faut les trouver et compter les 15 sans en rater une, et en plus elles étaient déplacées lors des travaux. Aujourd’hui je me sert des repères plus simples, la structure des magasins, les murs de loin etc. Dans des endroits difficiles je sais à quelle distance me placer d’un mur pour éviter poteaux, poubelles, cabines téléphoniques etc. c’est à dire passer au même endroit que les voyants sans me casser la tête. J’ai suffisamment confiance pour ne plus devoir raser les murs plein d’encombres.

Pour m’amuser je me suis promenée seule dans le marché de Noël de la Défense pour voir si j’allais pouvoir passer sans encombre dans cette cohue, ce qui a été le cas, je regarde les gens passer en attendant le train sur le quai. Je peux suivre une personne à distance dans un endroit encombré (sans qu’elle le sache) ce qui me permet de trouver des sorties peu visibles.

J’ai reçu une formation au Télétact par un professionnel de la locomotion, ce qui est indispensable pour le maîtriser correctement.

Laurence Agro – Cergy (95)


J'utilise depuis quelques mois le Tom-Pouce, un détecteur d'obstacles à infrarouges qui facilite grandement certains de mes déplacements. C'est un petit boîtier de 5x8 cm qui vibre dès qu'il se trouve face à un poteau, un mur, un passant ou tout autre obstacle. Accroché aux vêtements comme un badge, il signale à un non-voyant des obstacles à hauteur de tête que la canne ou le chien guide ne détectent pas. Tenu à la main, il permet à un malvoyant d'éviter les collisions dans un endroit faiblement éclairé ou au milieu d'une foule. Il est doté de trois portées : longue pour les extérieurs dégagés, moyenne pour les trottoirs encombrés, courte pour un usage en intérieur.

Il est extrêmement simple à utiliser grâce à son fonctionnement en "tout ou rien" : pas de vibration, on peut avancer ; vibration, on ralentit et on cherche un passage. Discret et silencieux, il se range facilement dans une poche dès qu'on ne s'en sert pas.

Attention, le Tom-Pouce ne détecte pas les trous et les obstacles près du sol. Il ne remplace donc pas la canne ou le chien, qui restent indispensables pour une sécurité totale.

Exemple de service rendu par le Tom-Pouce :

Je suis rentré chez moi très tard l'autre jour. De la gare à chez moi, j'avais le Tom-Pouce. Je repérais les arbres et les murs dont j'avais besoin pour me guider, tout allait bien. Et puis, presque arrivé, sur un trottoir que je sais parfaitement dégagé, l'appareil se met à vibrer. Je n'y crois pas vraiment, je continue à avancer de deux pas, un peu plus lentement. Il continue à vibrer comme un fou. Je m'arrête, je tâte devant moi, et je ne sens rien, rien du tout. Autrement dit, il y a un trou. En me penchant un peu plus, je sens quelque chose qui me barre la poitrine. Il y avait un trou qui occupait toute la largeur du trottoir et une partie de la rue, creusé dans la journée (il n'y était pas quand je suis parti le matin) et protégé seulement par un ruban rouge et blanc flottant sous lequel passe la canne. Bref, le cas d'école parfait, celui qu'on imagine toujours mais qu'on ne rencontre heureusement pas souvent. La canne l'aurait probablement détecté au tout dernier moment, aurai je réagit assez vite à un moment ou pour moi la voie était totalement libre. Je ne serais peut-être pas tombé, mais au minimum j'aurais eu droit à une sacrée peur. Le Tom-pouce (en longue portée) a perçu la bande de signalisation suffisamment à l'avance ce qui permet de réagir tranquillement et en douceur.

Nicolas Graner (Villebon 91)

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A priori j'étais très réticent vis à vis de ces systèmes, j'utilisais bien la canne, j'avais un léger reste visuel tubulaire, je ne voyais pas ce que cela pouvait m'apporter d'autre.

L'élément déclencheur a été de pouvoir sentir une personne arrivant par derrière jusqu'à ma hauteur et de la percevoir en train de me doubler.

A la canne je me suis trouvé dans des endroits mal urbanisés au milieu d'une route sans m'en rendre compte, cela ne m'est plus arrivé depuis que j'utilise les Cannes Blanches Electroniques.

J'ai fait six mois de Tom Pouce vibrant puis je suis passé au Télétact sonore. En fait mon reste visuel n'est plus suffisant pour m'apporter une aide efficace lors des déplacements et me consommait beaucoup d'attention. L'information du Télétact est beaucoup plus pertinente, plus fiable et me coûte moins de concentration.

Apprendre à utiliser les dispositifs, demande de l'énergie et de la concentration au début, une fois que c'est intégré, les choses sont bien plus faciles qu'avant. Déambuler avec fluidité et assurance dans un centre commercial devient une routine, non spécialement délicate.

Jean-Marie Murienne (Paris 75)


Cela fait maintenant plus de 5 mois que je l'utilise quotidiennement le Tom Pouce et je dois dire que c'est un très bon concept qui me permet de me déplacer dans la rue en toute confiance. J'arrive à éviter les passants, les poubelles en plein milieu du trottoir, les étals des marchands de fruits et légumes qui de plus en plus laisse de moins en moins de place pour circuler.
Ce que j'apprécie également c'est la facilité avec laquelle on peut, lorsqu'on prend un bus, trouver l'ouverture des portes de manière précise (fini le temps où on tâtonnait pour monter dans le bus!). Il en va de même pour le métro.
Le grand avantage aussi, c'est lorsqu'on marche sur un trottoir et que l'on suit à distance le mur de gauche ou de droite selon le cas, on marche droit ce qui n'était pas forcément le cas avant. On a d'une manière globale, une démarche plus assurée. Au début je trouvais que je marchais moins vite avec le Tom Pouce, mais avec le temps et avec une mise en confiance, j'ai retrouvé ma vitesse de croisière ce qui fait que je marche vite et de manière assurée même dans les endroits que je ne connais pas trop car j'ai acquis la certitude que les informations du Tom Pouce sont fiables.

Mebarek Boudemia (Lyon 69)



C'est après avoir lu une brève dans le magazine Science et Avenir, que j'ai découvert le Télétact. J'ai appelé, et depuis entre le Télétact et moi c'est
une histoire de confiance qui dure.
Pour autant que je me souvienne, à aucun moment je n'ai eu d'a priori. Je voulais d'abord comprendre comment ça marche, l'essayer et ensuite en tirer mes
propres conclusions. La toute première information que j'ai trouvé pertinente en utilisant le Télétact a été de pouvoir localiser une ouverture de porte
et de contourner un obstacle sans avoir à le toucher avec la canne.
Après quelques temps d'utilisation, on acquiert les reflexes. Il faut apprendre à tenir compte des obstacles, même quand ils sont éloignés pour avoir
une bonne trajectoire fluide. J'avoue que pour en arriver là, cela n'a pas été de tout repos. Il faut vraiment prendre sur soi et endurer jusqu'à obtenir le meilleur de ses performances. Souvent d'ailleurs, je compare l'enseignement du Télétact à une discipline sportive. Plusieurs fois j'ai été pris par l'envie de tout lacher tant j'avais l'impression de ne pas avoir le potentiel nécessaire pour avancer. Comme je suis d'un naturel combatif et que cette bataille je voulais la gagner alors je me suis donné les moyens d'y parvenir. D'autres victoires sont à prévoir, puisque chaque nouvelle étape vers une autonomie plus étendue est un défi que je relève.

Mon entourage ne s'est a priori pas intéressé à l'appareil, mais maintenant lorsque je suis en vacances chez mes parents, avant de sortir mon père me demande si j'ai pris ma canne, mon Télétact et mon portable.

Aziz Zogaghi (Ivry sur Seine 94)


Je me prénomme Michèle et suis non-voyante.
En octobre 2002, lors d’une rencontre avec des membres d’un Lions club, ces derniers m’ont proposé de suivre une formation avec la canne blanche électronique.
Je ne connaissais pas cet appareil, mais acceptais, beaucoup plus, je dois l’avouer, par curiosité que par conviction.
D’emblée, j’appréciais que l’on me demande un retour sincère qu’il soit positif ou négatif.

Aujourd’hui, plus d’une année est passée et j’utilise quotidiennement la canne électronique.
Ce système ne remplace pas les yeux (et il n’en a d’ailleurs pas la prétention), il ne me dispense pas de rester vigilante, mais il m’apporte un confort dans mes déplacements et une perception de ce qui m’entoure beaucoup plus précise et fine qu’avec une canne blanche classique.
Les informations transmises par l’appareil me permettent de recréer une image mentale de mon environnement.

Pour moi, un des plus de ce système est qu’il me permet de conserver le maniement de la canne comme par le passé et donc de ne jamais me retrouver tout à fait démunie si un quelconque problème survenait.

Michèle Sarloute Villemomble (93)


Le télétact me permet de me sentir plus en sécurité dans la rue lors de mes déplacements, d'anticiper, d'avoir une démarche plus sûre, plus harmonieuse et d'être moins stressé.
On peut " voir " devant soi jusqu'à 12 mètres alors que la canne blanche seule a une longueur de 1,30 mètres ce qui multiplie par dix le champ de détection. De ce fait, il est possible d'éviter les poteaux, de voir ce qu' il y a sur le trottoir qui se trouve de l'autre côté de la rue avant de la traverser, de se faufiler entre 2 voitures garées si le passage est assez large, d'éviter les gens qui nous croisent ou nous doublent. Au bout d'un temps d'utilisation en mode sonore, la précision du relief s' affine et il est de plus en plus facile d'identifier les obstacles devant soi, parfois même de savoir s'il s'agit d'un poteau ou d'un arbre, d'une voiture, d'un container à verre, si le mur qu'on longe est vitré ou plein. Si les notes montent ou descendent, cela signifie que l'obstacle est mobile et nous croise ou bien vient de nous doubler.
Selon si l'environnement est plus ou moins bruyant, nous avons le choix d' utiliser l'appareil en mode vibreur ou sonore.
Si aujourd'hui on m'enlevait le télétact, je n'oserais plus avancer aussi vite et ne m'aventurerais pas dans les grands centres commerciaux, les grands espaces, lieux que je ne fréquentais pas avant d'avoir ce fabuleux objet.

Jean François Damez (Lyon)


Cela fait maintenant huit mois que j'utilise le Tom-Pouce. J'ai d'abord appréhendé cet outil avec beaucoup de curiosité puis, il s'est peu à peu immiscé dans mon quotidien, venant parfois perturber mes repères et brouiller mes habitudes initiales de locomotion.
J'ai donc été amenée à retravailler mes déplacements et ma perception de l'espace en fonction de ce nouvel instrument, les cours avec mon instructrice de locomotion étant d'une aide précieuse. Avec du travail et un entraînement régulier, je me suis peu à peu accoutumée aux vibrations tout d'abord gênantes, et j'ai compris à quel point elles me libéraient de mon ancien stress : je n'avais plus besoin de toucher de la canne l'obstacle pour le sentir, et j'arrivais à contourner les passants sans les déranger. Cela ne s'est pas fait en un jour, loin de là et je pense que je peux encore progresser. Je me sens maintenant beaucoup moins stressée dans mes déplacements et donc plus détendue. Je me fie en effet beaucoup plus aux vibrations, alors qu'avant d'utiliser le Tom-Pouce, je sollicitais constamment l'ouïe ou le sens des masses. Ces derniers sont maintenant plus laissés en repos, sans être pour autant négligés. Ceci me donne donc plus de confort, après un travail de longue haleine mais qui vaut largement l'investissement qu'on y met en temps : pour moi, la tranquillité quotidienne n'a pas de prix et, chaque jour, j'admire à quel point la science et ses applications peuvent faciliter la vie. Je remercie l'équipe de recherche du CNRS, le Lions Club et les instructeurs de locomotion et je ne saurais que trop les encourager à continuer dans cette voie.
Pour moi, les apports du Tom-Pouce sont comparables à ceux du terminal braille. Il permet de faciliter le quotidien et de le rendre plus sûr, surtout en faisant éviter les obstacles placés en hauteur. Mais, n'oublions pas qu'il demande de faire l'effort non négligeable de s'adapter aux nouvelles technologies. Le Tom-Pouce me rappelle ainsi chaque jour un des enjeux de la vie : on n'a jamais fini d'apprendre et de découvrir, si on veut améliorer ses conditions de vie. Je conseille à toute personne que le Tom-Pouce peut aider d'utiliser cet outil bien appréciable.

Anne Chotin (Paris)